Accueil du site > L’association > Parrainages > Deux ou trois choses que je sais... du Parrainage Ciné 2012

Deux ou trois choses que je sais... du Parrainage Ciné 2012

Par Jean-Noël Ferragut

lundi 21 février 2011

Partager l'article avec  
La soirée de présentation des parrains aux étudiants des trois sections de la promotion 2012 de l’Ecole s’est déroulée à La Maison des photographes le 26 janvier 2011. Michel Baptiste pour la section Son, Jean-Philippe Morin pour la section Photo, et moi-même pour la section Ciné avons livré le fruit de notre travail pour tenter de proposer à chacun d’entre eux le meilleur interlocuteur susceptible de pouvoir répondre à leurs attentes.
Si, pour la promo Ciné, tous les parrains ou marraines n’avaient pu se libérer pour être présents, tous les étudiants avaient fait le déplacement. Voici in extenso les quelques mots que j’avais préparés pour cette belle occasion.

En guise d’introduction
Des réponses qui me sont parvenues, il ressort quelques tendances, voire quelques constantes, venant bien souvent par deux, comme si certains d’entre vous aviez formé des couples pour se donner le mot... J’en donne quelques-unes " en vrac ", sans ordre de préférence :

- L’une domine, votre admiration pour le travail d’Eric Gautier
- Pour celui de Roger Deakins
- Pour Eduardo Serra
- Pour Gaspard Noé
- Pour Jean-Pierre Beauviala et ses caméras
- Pour Christian Berger et son CRLS (Cinema Reflect Lighting System)
- Pour la lumière virtuelle
- Pour le film Le Voyage de Tania
- Pour le souhait de certains d’aller travailler à l’étranger
- Pour les articles de Darius Khondji ou de Vincent Mathias sur l’Alexa.


Les filleuls et leurs parrains

Marine Battin
Marine, tu as hésité longtemps entre la caméra et le crayon, pas pour écrire mais pour dessiner, ce que tu continues de faire sur un carnet de croquis. C’est un atout pour échanger avec un metteur en scène. Tu es particulièrement sensible à l’aspect esthétique de la lumière.

Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1966, elle était rue de Vaugirard à Paris. Nous lui devons tous le respect ici... Il a côtoyé sur les bancs de l’Ecole, entre autres, Jean-François Robin et Philippe Rousselot, ou encore la monteuse Noëlle Boisson.
Il est le complice de Patrice Leconte, il a photographié les derniers films de Claude Chabrol, le dernier Harry Potter. Tu as été impressionnée par son travail de la lumière sur Le Jeune fille à la perle.
Je te présente... Eduardo Serra.


Thomas Bobrowski
Thomas, tu es attiré par le travail de la mise en scène, de son ébauche à son aboutissement, dis-tu. Tes études d’architecture te seront d’un grand service car un film se construit, pierre après pierre, tout comme la lumière elle-même se construit.

Ton parrain est sorti en 1984. Il a été longtemps 1er assistant réalisateur, l’assistant de Leos Carax sur Pola X, par exemple, de Claire Denis sur Trouble Every Day, de Nicole Garcia sur Un balcon sur la mer. Il a réalisé lui-même un long métrage, Neuilly sa mère, qui a eu un franc succès auprès du grand public, et il a bien sûr beaucoup de projets.
Je te présente... Gabriel Julien Laferrière.

JPEG - 48.1 ko
Gabriel Julien Laferrière et Thomas Bobrowski
Photo Benoît Pitre

Quentin Cavellier
Quentin, ce que tu aimes dans le cinéma, c’est tout ce que peut apporter différentes formes d’expression au côté pictural des images d’un film. Tu es marqué par les tandems réalisateur - chef opérateur. Tu es tenté par le cinéma image par image et par le montage.

Ta marraine est sortie en 1985. Elle est monteuse image et aussi monteuse son. Elle a travaillé sur Sombre de Philippe Grandrieux, sur L’Humanité de Bruno Dumont, sur Vénus beauté de Tonie Marshall, sur Lady Chatterley de Pascale Ferran, sur L’Arbre et la forêt d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau.
C’est... Mathilde Muyard.


Johann Dulat
Johann, tu aimes le cinéma de genre qui nous conduit loin de la routine quotidienne. Tu es marqué par le travail de Stéphane Fontaine ou Darius Khondji. Tu es intéressé par ce que les nouveaux outils vont pouvoir apporter au travail de l’image (caméra et lumière).

Ton parrain est sorti en 1978. Son travail est une source d’inspiration pour toi, sa capacité à alterner grosses productions et productions modestes une ligne de conduite.
En effet, il a photographié aussi bien L’Empire de loups de Chris Nahon ou Sueurs de Louis-Pascal Couvelaire que Sagan de Diane Kurys ou Capitaines d’avril de Maria de Medeiros. Il a photographié From Paris with Love, le dernier film de Pierre Morel.
C’est... Michel Abramowicz.


Anastasia Durand
Anastasia, tu admires le travail de Gabriel Figueora, d’Eric Gautier, de Berto, tout comme le génie technique de Jean-Pierre Beauviala. Tu as un CAP de projectionniste, ce qui peut sauver un coup en cas de fins de mois difficiles, et en même temps tu te dis intéressée par les procédés permettant de projeter les films autrement.

Ta marraine est sortie en 1987. Elle a suivi comme tu envisages de le faire la voie classique " assistant, cadreur, opérateur ". Elle saura te guider pour accéder au monde des grands, t’orienter vers un stéréographe ou vers le cinéma d’animation.
Elle a été assistante, entre autres, sur La Cité des enfants perdus de Caro et Jeunet, elle a fait le cadre sur des séries télévisées et L’Absence de Cyril de Gasperis est le dernier long métrage qu’elle a photographié.
Je te présente... Sophie Cadet.

JPEG - 58.6 ko
A droite, Sophie Cadet et Anastasia Durand
Photo Benoît Pitre

Bertrand Faucounau
Bertrand, tu apprécies les expérimentations de nouvelles formes visuelles dans l’expression cinématographique. En tant qu’arts, la peinture et le roman t’inspirent. Tu es touché par la poésie qui peut se dégager de certaines images. A côté de cela, tu t’intéresses aux technologies actuelles, bien que tu sois par ailleurs tout à fait conscient de certaines de leurs limites.

Ta marraine est sortie de l’Ecole en 1998. C’est là que j’ai fait sa connaissance à un moment où j’y intervenais souvent. Son sujet de mémoire, qu’elle m’avait demandé de diriger, tournait autour de la manière d’apprivoiser la lumière naturelle en extérieur.
Elle a photographié des films de Sébastien Lifshitz, Sophie Letourneur ou Maiwenn Le Besco dont elle vient de terminer Polisse, son tout dernier. Angel et Tony d’Alix Delaporte sort aujourd’hui dans les salles, c’est pourquoi elle va s’éclipser très rapidement.
Je te présente... Claire Mathon.


Thomas Heleta
Tu souhaites travailler à l’étranger. Tu admires le travail de bon nombre d’opérateurs français ou étrangers qui mènent une carrière dans leur pays ou en dehors. Au hasard Roger Deakins, Guillermo Navarro, Januz Kaminski, Philippe Rousselot...

Ton parrain est sorti en 1973. Il a commencé sa carrière en France en photograhiant des films d’Olivier Assayas, de Raoul Ruiz, de Patrice Leconte, entre autres, avant d’aller s’installer aux Etats-Unis. Il a éclairé Al Pacino dans deux films de Jon Avnet.
Il continue de travailler en France avec Anne Fontaine, François Ozon et Olivier Assayas, dont il a cophotographié, avec Yorick Le Saux, le film et la série Carlos.
C’est... Denis Lenoir.


Pierre Lelièvre
Pierre, pour une école comme Louis-Lumière, tu es, si je puis dire, un " cas d’école "... Ce qui t’intéresse, le travail de la lumière virtuelle, n’est malheureusement pas une spécificité pour l’univers qui gravite autour des effets visuels en France. J’ai donc deux nouvelles à t’annoncer, une bonne et une mauvaise. Je commence par la mauvaise.
Autant te dire tout de suite qu’à ma connaissance, et pas seulement la mienne d’ailleurs, le parrain ou la marraine tel que tu l’imagines en rêve n’est pas encore né ! Christian Guillon de L’EST et Gilles Gaillard de Mikros image, des anciens tous les deux, me l’ont confirmé. La bonne nouvelle, c’est que dès que tu seras sorti de l’Ecole, Gilles, ayant besoin de gens comme toi chez Mikros, t’engagera illico...

Si Eduardo est ce soir considéré comme notre doyen, ton parrain est le benjamin des parrains Ciné ; il est sorti de l’Ecole en 2001. Les nouvelles technologies n’ont pratiquement pas de secret pour lui. Pubs et clips sont deux de ses domaines d’activités.
Il a parmi ses connaissances pas mal de graphistes. Alexandre Bon, dont tu parles et à qui j’avais proposé de te parrainer, a décliné mon offre mais comme il intervient avec vous en 3ème année, il saura te conseiller.
Pour en revenir à ton parrain, c’est... Thomas Collignon.


Hakim Mao
Hakim, tu es intéressé par la réalisation. L’image et l’esthétique des films de Gaspard Noé sont pour toi des sujets de réflexion. Tu apprécies les directeurs de la photo dont le travail de l’image et de la lumière est l’un des éléments qui concourent à raconter une histoire. Et ceux qui présentent une grande diversité dans les films auxquels ils participent grâce à leur travail photographique.

Ton parrain est sorti en 1981. Il a photographié plusieurs films de Matthieu Kassovitz et d’Antoine de Caunes, il compte à son actif les images de l’un des plus grands succès du cinéma français qui fait la fierté des gens du Nord de la France. Il vient de signer celles du premier film d’Antoine Blossier, Proie.
C’est... Pierre Aïm.


Louise Molière
Louise, ta façon d’appréhender le métier de chef opérateur par le biais des outils qu’il utilise est particulièrement singulière. Le fait de t’intéresser à la fois à Jean-Pierre Beauviala pour les caméras qu’il met au point ou à la maîtrise des outils numériques d’aujourd’hui pour ce qu’ils apportent de neuf au propos et à l’esthétique du cinéma – comme de laisser transparaître un certain sens de l’humour et d’avouer avoir un faible non moins certain pour le chocolat... –, voilà qui reflète bien la large palette de tes centres d’intérêt.

Ton parrain est sorti en 1976. C’est un grand technicien devant l’Eternel. Un touche-à-tout. A tous les outils. Un artiste en son genre. Prenant de la hauteur sur les êtres et les choses. Tellement de hauteur qu’on lui a proposé de diriger les prises de vues aériennes des Chevaliers du ciel de Gérard Pirès.
Tu as déjà deviné qu’il va beaucoup t’apprendre. Comme il a lui-même beaucoup appris des opérateurs avec qui il a travaillé, par exemple Pierre Lhomme, entre autres, dont il a été longtemps l’assistant.
Je te présente... Eric Dumage.

JPEG - 50.7 ko
Eric Dumage et Louise Molière
Photo Benoît Pitre

Simon Noizat
Simon, tu aimes le côté artisanal du travail de l’image.Tu es impressionné par le travail des directeurs de la photo qui s’adaptent à différents styles selon les réalisateurs qu’ils rencontrent et les projets auxquels ils participent. Tu es attiré par les expérimentions et les technologies innovantes, en particulier tout ce qui touche à la lumière. C’est pour cet aspect que la fiction et la publicité t’intéressent.

Ton parrain est sorti en 1990. C’est un grand connaisseur des toutes les technologies du cinéma. Fort de ces connaissances, il a écrit deux guides de la prise de vues, l’un consacré à l’image, l’autre à la machinerie. Il écrit aussi de nombreux articles publiés dans les revues spécialisées pour qui il réalise également des entretiens, y compris pour l’AFC.
Il est directeur de la photo de courts métrages, de films publicitaires et de clips musicaux.
C’est... François Reumont.


Diane Plas
Diane, si Pierre Lelièvre s’est avéré être un cas d’école, tu me sembles en être un autre bel exemple... D’ailleurs, je vais me permettre de prendre un tout petit peu plus de temps avec toi car tu as dû en passer pas mal toi-même à répondre à notre questionnaire et à écrire ta lettre de motivation.
La façon dont tu te présentes, la façon dont tu parles avec finesse et intelligence des opérateurs dont tu admires le travail, la façon dont tu fais part de tes propres centres d’intérêt, la façon dont tu analyses les goûts que tu as pour le travail pictural et pour certains artistes, la façon dont tu résumes tes dernières lectures et enfin les mots que tu emplois pour donner envie à un professionnel de partager avec toi ses expériences et te servir de guide, tout cela est, et je pèse mes mots, plus qu’impressionnant !

Ton parrain est sorti en 1985. Il fait partie de ceux dont tu admires le travail. Il y avait en premier Eric Gautier, autant dire que tu n’es pas la seule... Sauf qu’Eric se fait tirer l’oreille quand vient le moment des parrainages, il n’a accepté qu’une seule fois.
La filmographie de ton parrain a emprunté des chemins aussi différents que ceux de François Dupeyron, Yvan Attal, Radu Mihelenaou, Olivier Nakache et Eric Toledano ou encore Christophe Honoré dont il a photographié le dernier film, Les Bien aimés.
Je te présente... Rémy Chevrin.

JPEG - 47.8 ko
Rémy Chevrin et Diane Plas
Photo Benoît Pitre

Valentine Poutignat
Jamais deux sans trois, Valentine, tu es notre troisième cas d’école... En effet, dès l’âge de raison, vers sept ans dis-tu, tu savais déjà ce que tu ne ferais pas plus tard dans la vie ! Tu ne serais pas musicienne mais cinéaste.
Car tu considères le travail de la mise en scène et celui de l’image comme aussi passionnants l’un que l’autre. Ton goût pour les arts en général est manifeste. La musique te passionne, le jazz en particulier. J’y reviendrai.

Ton parrain est sorti en 1970. Nous étions de la même promotion mais lui était en Son. Comme ce n’était pas suffisant, il a " redoublé " une année pour avoir le diplôme Ciné. Il a donc plusieurs cordes à son arc, le son, l’image mais aussi la réalisation et l’enseignement.
Il a fait le son sur 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix, sur Le Grand bleu et Nikita de Luc Besson ou encore sur Grosse fatigue de Michel Blanc, et ce jusqu’en 2001. Le dernier film qu’il a photographié est Vivre d’Yvon Marciano. Parmi les films qu’il a réalisés, il y a justement un documentaire sur le jazz.
Je te présente... Pierre Befve.

JPEG - 43.7 ko
Pierre Befve et Valentine Poutignat
Photo Benoît Pitre

Martin Roux
Tu avoues, Martin, un certain goût pour le silence des profondeurs sous-marines, pour une certaine contemplation qu’elles suscitent. Tu lis beaucoup, la presse, tout ce qui te tombe sous la main concernant les chefs opérateurs, la peinture, la photographie.
Tu as fait énormément de photos Polaroïd. Tu es depuis longtemps fasciné par l’alchimie de l’image cinématographique au service du film et tu es persuadé que les chefs opérateurs sont ceux qui détiennent la potion magique.

Ton parrain est sorti en 1988. Je ne vais pas faire durer plus longtemps le suspense en disant que tu avoues une certaine proximité de son travail pour une grande sensualité dont il peut être capable, une certaine simplicité quant au côté esthétique de ses images.
Ses chemins ont croisé ceux de Benoît Jacquot, de Tony Gatliff, de Pascal Ferran avec Lady Chatterley comme ceux d’André Téchiné dont il a photographié Impardonnables, le dernier film.
C’est... Julien Hirsch.


Bérenger Thouin
Bérenger, comme beaucoup d’entre nous ici ce soir, ta fascination pour le cinéma ne date pas d’hier. Tu as pris la décision de te consacrer à ce moyen d’expression à la suite de divers allers-retours entre théorie et pratique. Tu aimes parmi les cinéastes ceux qui marient les expérimentations, que celles-ci soient d’ordre narratif ou encore esthétique mais toujours en gardant à l’esprit l’émotion du spectateur.

Ta marraine est sortie en 1993. J’avoue humblement la connaître à peine. Nous avions longuement parlé cinéma ensemble au hasard d’une soirée qui fêtait les quatre-vingt ans de l’Ecole... Quoi de plus naturel en somme !
Je sais par contre qu’à sa sortie de l’Ecole, elle a travaillé à la caméra dans les équipes de Christophe Offenstein, de Philippe Van Leeuw ou de Guillaume Schiffman. Elle a écrit et réalisé deux longs métrages, Brodeuses et Gamines. Elle saura, j’en suis sûr, apaiser tes inquiétudes.
Je te présente... Eléonore Faucher.

JPEG - 47.2 ko
Eléonore Faucher et Bérenger Thouin

Réda Zéroual
Je ne peux pas dire, Réda, que tu ne m’as été d’un grand secours au moment de cerner ta personnalité et de chercher des pistes pour te trouver le meilleur parrain qui soit. Tu dis être intéressé par les grands directeurs de la photo du cinéma américain des années 1970-80 et par le travail d’autres opérateurs plus proches de nous. Ton rêve serait de pouvoir travailler, entre autres, aux Etats-Unis.

Ton parrain est sorti en 1979. Il n’a pas eu l’opportunité de mener une carrière parallèle à l’étranger comme tu l’aurais souhaité.
Petite parenthèse, Philippe Rousselot, à qui je me suis adressé dans un premier temps, a décliné mon offre car il a déjà un filleul et n’en souhaite pas un nouveau. Mais il profite de l’occasion pour donner quelques conseils à ceux qui lorgnent le travail dans les pays anglo-saxons.
« Ça se résume à peu de choses : », dit-il, « aux USA, il est difficile d’y travailler sans visa, quasi impossible d’en obtenir pour des postes d’assistant, sauf à refaire tout un cursus scolaire (en général très cher). En Angleterre, pas de problème de permis de travail mais la filière normale est aussi de passer par leurs écoles, sinon, comme partout, il est bien de connaître des gens... »
Pour en revenir à ton parrain. Il a travaillé avec un réalisateur américain qui a fait l’Ecole et qui est installé en France, Bob Swaim, avec Françis Girod, avec Ariel Zeitoun. Il a récemment photographié la série télévisée Un village français. Il sera, je n’en doute pas un instant, on ne peut plus à ton écoute.
C’est... Thierry Jault.