Accueil du site > L’association > Parrainages > Deux ou trois choses à savoir sur le parrainage de la promo Ciné (...)

Deux ou trois choses à savoir sur le parrainage de la promo Ciné 2013

vendredi 17 février 2012

Partager l'article avec  

Damien Babikian
Dans ta lettre de motivation, tu as assez bien résumé tes questionnements et vos appréhensions à tous concernant ce qui vous attend à la sortie de l’Ecole. En particulier s’agissant de la disparition toute proche de la pellicule et des filières argentiques. Mais cela ne t’empêche pas d’être curieux jusqu’à pratiquer le saut dans le vide pour que se réalise ton désir de cinéma.

Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1984, avec Laurent Fleutot, Euzhan Palcy et d’autres dont je tairai le nom histoire de ménager un certain suspens… Il a travaillé avec des réalisateurs aussi différents que Jan Kounen, Alain Corneau, Mika Kaurismaki, Gaël Morel, etc. Tu dis être fasciné par les collaborations opérateur – réalisateur et cite celle d’Emir Kusturika avec ton parrain.
C’est Michel Amathieu.


Etienne Bacci
Tu dis être fasciné par l’objet caméra, te sentir bien dans une équipe de prise de vues, être passionné par la composition d’un cadre, te plaire à construire une lumière. Bref, tous les principaux ingrédients avec lesquels on fabrique une image de cinéma. Tu dis aussi aimer les jeux vidéo, particulièrement pour les ambiances travaillées de la lumière et du cadre de certains d’entre eux. Passionné de musique, tu es parfois amené à qualifier de « musical » le travail de la photographie.

Tu dis affectionner les longs plans fixes ; justement, ton parrain, qui est sorti de l’Ecole en 1988, une promo où se côtoyaient Julien Eudes, Julien Hirsch, Tariel Meliava, pour ne citer qu’eux, ton parrain est quelqu’un dont tu admires le travail sur les films de Gustave Kerven et Benoît Delépine. Il a également à son actif quelques courts métrages comme réalisateur.
C’est Hugues Poulain.


Florian Berthelot
Comme la plupart d’entre vous ici ce soir, tu dis être passionné par le travail de la lumière et prendre énormément de plaisir à effectuer celui du cadre, et ceci depuis la terminale. Tu avoues humblement ne pas être un cinéphile à tous crins, bien que tu aies avec Jonathan repris les rennes du ciné-club. Tu ne t’es pas très étendu sur les éléments qui nous auraient permis de mieux cerner tes envies et ta personnalité. Par contre, tu as compris au fil du temps et de tes premières expériences que cette attirance pour le travail de l’image était ton but à atteindre pour son côté artistique et technique, pas routinier, avec en prime le plaisir que l’on prend à côtoyer les membres d’une équipe au quotidien.

Ce n’est certainement pas ton parrain qui dira le contraire… Il est sorti de l’Ecole en 1971, en même temps que Gilles Flourens, ici présent, et le réalisateur Jean-Paul Jaud. Ses chemins ont croisés ceux d’Agnès Varda, de Costa Gavras, de Medhi Charef, de Rachid Bouchareb ou Dominique Moll, dont il a signé la photographie du dernier film, Le Moine.
C’est Patrick Blossier.


Coralie Blanchard
Si le parrainage est devenu pour nous anciens de l’Ecole une règle, tu es l’une des exceptions qui vient la confirmer. _Une petite parenthèse toute personnelle. Pour moi, l’Ecole forme à la photographie, au cinéma et au son, avant de former des photographes, des opérateurs, cadreurs ou assistants, et des chefs opérateurs du son, perchistes ou mixeurs.
Pour en venir à toi, ton désir le plus cher est de devenir monteuse. Je passe rapidement sur ton goût pour le travail de Christophe Honoré, ton admiration pour celui d’Hervé Deluz ou de Sophie Reine, sur ta sensibilité pour le rythme au cinéma ou encore la solidarité professionnelle.

Ta marraine, puisque tu souhaitais avoir une femme comme interlocutrice, est sortie de l’Ecole en 1985, en même temps que Régis Blondeau, Rémy Chevrin, Stéphane Fontaine, Antoine Héberlé ou Hélène Louvart. Elle pratique aussi bien le montage son que le montage image. Elle a travaillé avec Philippe Gandrieux, Bruno Dumont, Tonie Marschal et Pascale Ferran. C’est l’un des piliers de LMA (Les monteurs associés). Aujourd’hui mercredi sort en salles un film de Patricia Mazuy qu’elle a monté et que je vous conseille d’aller voir, Sport de filles.
C’est Mathilde Muyard.


Arthur Briet
Pour toi, le cinéma, c’est travailler sur un plateau et raconter des histoires en images. Tu aimes particulièrement les collaborations de tandems réalisateurs – directeurs de la photographie. Mais ce n’est pas ton seul sujet d’intérêt ! La peinture, la photographie, les expositions, l’Olympique lyonnais, la cuisine en sont d’autres…

Va savoir si vous serez sur la même longueur d’onde, ton parrain et toi… Quoi qu’il en soit, il est sorti de l’Ecole en 1983, avec Florent Montcouquiol et Gaspard Noe. Il a fait ses premiers pas auprès de Maurice Pialat. Lui aussi entretient les fidèles collaborations avec certains réalisateurs, tels Pierre Salvadori, Philippe Harel, Laurent Bouhnik ou quelques autres. Il a photographié le dernier film de Philippe Lioret, Toutes nos envies.
Arthur, je te présente Gilles Henry.


Benjamin Chaudagne
Tu reconnais modestement une certaine retenue quant à mettre en avant tes atouts et d’affirmer ta personnalité. A mon tour d’avouer que cela ne nous a pas simplifié la vie au moment de te rechercher un parrain. Cela étant, tu dis admirer le travail des cinéastes dont le talent consiste à rendre accessible à un large public un cinéma profond et exigeant, reflet d’un discours et d’une sensibilité personnelles et singulières.

En guise de parrain, nous t’avons trouvé une marraine, avec qui tu pourras partager tes questionnements sur l’une des charnières clés du cinéma, à savoir l’agencement harmonieux du découpage, du cadre et de la lumière. Elle est sortie de l’Ecole en 1981. Elle a longtemps travaillé avec Patrick Blossier en tant qu’assistante ou en tenant une 2ème caméra. Le documentaire est un genre qu’elle pratique volontiers. Late Bloomers, de Julie Gavras, est le dernier film qu’elle a photographié. De plus, c’est une pédagogue avertie.
Benjamin, je te présente Nathalie Durand.


Guillaume Chevalier
Je pourrais commencer en évoquant le titre d’une revue du Moulin Rouge des années 1960, Fascination… En effet, tu dis être fasciné par le théâtre et le cinéma, et ce jusqu’à la passion. Tu sembles aimer les polars noirs du cinéma américain des années 1960-70, la pratique de la photographie argentique, la musique, la lecture. S’il fallait te qualifier, je dirais que tu es exceptionnel. Attention, dans le sens où tu constitues comme Coralie une exception à la règle. En parlant de Louis-Lumière, tu serais plus intéressé par le côté " Louis " que le côté " Lumière ". Je sous-entends par là que pour toi, la lumière n’a jamais été ta principale préoccupation, mais plutôt le cadre.

Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1989. Il a longtemps été l’un des assistants, entre autres, de Gérard de Battista. Il fait le cadre de nombreux films pour la télévision. C’est un membre actif et éminent de l’AFCF (Association des cadreurs de fictions).
Guillaume, je te présente Eric Brun.


Pierre-Loup Docteur
Quant à toi, c’est jamais deux sans trois, tu es la 3ème exception. Avant d’intégrer l’Ecole, tu t’es formé au montage, après moult hésitation, plutôt qu’à l’image, dans le but affirmé de vouloir faire du cinéma et de la en scène. Tes goûts avoués vont vers l’œuvre de David Lynch, de Bertrand Bonello, vers le cinéma américain, les films noirs, toi aussi, mais pas seulement. Vers l’art vidéo également, les installations et les performances, vers la peinture, la musique, la littérature et j’en passe.

Je ne sais pas si ton parrain partage ces mêmes gouts mais ce que je sais, c’est qu’il est sorti de l’Ecole en 1984, la même année que Michel Amathieu et quelques autres que j’ai cités précédemment. Il a été le bras droit de nombreux réalisateurs, tels que Claire Denis, Nicole Garcia, Leos Carax ou Bernard Stora. Il compte à son actif un long métrage, Neuilly sa mère et trois épisodes de la série Fais pas ci, fais pas ça.
Pierre-Loup, je te présente Gabriel Julien-Laferrière.


Georges Harnack
Ce qui est revigorant avec toi, c’est ton optimisme quand, en citant un des protagonistes de La Nuit américaine de Truffaut, tu dis qu’« on est fait pour être heureux en travaillant pour le cinéma » ! Tout un programme… Le tien, de programme, c’est de devenir technicien de l’image. Au moment de regarder un film et quand tu en parles ensuite, tu analyses toujours les spécificités techniques qui t’ont marqué. Mais tu n’es pas uniquement porté sur la technique ; l’aspect collectif du travail de l’image et les rapports humains qui se créent sur un plateau sont aussi d’une grande importance pour toi. Et, de ton pointe de vue, le parrainage tombe à pic pour faciliter une rencontre.

Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1977. Son parcours est jalonné des rencontres qu’il a faites avec, entre autres, Catherine Breillat, Radu Mihaileanu, Alain Chabat, Régis Wargnier, dont La Ligne droite est le dernier film qu’il a photographié et qui est encore en ce moment sur les écrans.
C’est Laurent Dailland.


Julien Hogert
Tes prédécesseurs de la dernière promo nous disaient souvent, il y a un an, « encore hésiter entre fiction et documentaire, entre réalisation et image ». Ce qui n’est pas ton cas. Tu a déjà fait ton choix : tu seras opérateur de documentaire, et pour cause. En effet, la façon de filmer de Pierre Lhomme, par exemple, dans Le Joli mai de Chris Marker, t’a beaucoup impressionné. L’état de grâce, dis-tu, qui ressort apparemment du geste de celui qui filme et de ce qu’il est en train de filmer, tout est question de point de vue. Tu avoues avoir un penchant pour la poésie et pour la cuisine.

Ton parrain est sorti de, l’Ecole en 1991. Il fait en sorte de travailler en parallèle aussi bien en documentaire qu’en fiction. Pour lui, ces deux genres sont les deux facettes d’une même écriture cinématographique, celle qui s’intéresse aux êtres humains et au monde qu’ils habitent. Tu pourras aussi le questionner sur son engagement militant pour tenter de transformer le réel.
Julien, je te présente Denis Gravouil.


Cyrille Hubert
Toi au moins, tu n’es pas du genre avare au moment de formuler tes réponses et d’énumérer pour nous tes centres d’intérêt ! Il en ressort un certain éclectisme, un goût prononcé pour le cinéma bien sûr, pour des maîtres de la fiction tels Ghislain Cloquet ou Pierre Lhomme, pour le genre documentaire, pour la photographie contemporaine, la peinture ou encore la poésie. Afin de tenter de définir ce que serait ton parrain idéal, tu emploies une jolie métaphore, celle de la piscine : d’un côté il y aurait le grand bain où l’on nagerait en professionnels, sans boire la tasse, et de l’autre le petit bain où chacun pourrait faire ses propres expérimentations sans jamais perdre pied…

Le parrain " maître nageur " que l’on t’a trouvé est sorti du bassin d’entraînement Louis-Lumière en 1986, en même temps, entre autres, que Jean-Marc Fabre, Pascal Lagriffoul et Myriam Vinocour. Sa carrière est elle aussi éclectique : il a travaillé avec des réalisateurs dont les noms sont aussi imprononçables que Jumdaan Choybolin ou Apitchapong Weerasethakul, mais aussi avec Christophe Honoré ou Delphine et Muriel Coulin, dont 17 filles est le dernier film qu’il a photographié et qui est toujours sur les écrans.
Vous vous êtes déjà rencontrés, c’est Jean-Louis Vialard.


Arthur Jeanroy
Bien que tu t’en défendes, tu fais partie des exceptions. Dans le sens où le cinéma, ta passion, votre passion à tous ici ce soir, les Ciné, ou plus exactement ton objectif, t’épanouir en faisant du cinéma, est d’emprunter pour y parvenir les chemins de la production, ce qui n’est pas chose courante à l’Ecole dans un premier temps. Tu ne seras donc pas opérateur mais tu as compris l’importance des multiples petits talents artistiques et techniques dans l’élaboration et la fabrication d’un film.

Tu dois bien te douter que la production n’est pas le domaine du cinéma où s’épanouissent, comme tu le dis si bien, le plus grand nombre d’anciens de l’Ecole. Il nous a fallu chercher l’oiseau rare. Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1982 ; ses camarades de promo, entre autres, s’appellent Dominique Colin, Benoît Delhomme, Patrick Duroux, Eric Gautier. Il a commencé à l’image et a été opérateur. Il est désormais producteur et sa maison de production, Les Films en hiver, compte parmi ses associés comme François Dupeyron, Philippe Le Gay, Manuel Flèche ou Pierre Novion.
Arthur, je te présente Franck Landron.


Morgane Nataf
J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer et deux mauvaises… Je commence par les mauvaises ! Et d’un, que bien que tu aies su très tôt vouloir faire du cinéma et que tu aies visité l’Ecole pour la première fois à l’âge de 13 ans, tu as peu de chance de figurer pas dans le Guiness des records du plus jeune âge auquel on pense vouloir en faire car, l’an passé, une de tes camarades le savait, elle, dès l’âge de 7 ans, l’âge de raison… Pour le cinéma que tu as l’intention de faire, tu souhaites emprunter les deux voies parallèles que sont le travail à l’image et la conception et la mise en scène d’un film. Car pour toi, ces deux pratiques sont extrêmement liées et la relation entre narration et mise en œuvre technique doit être privilégiée. Réalisateur comme opérateur doivent se nourrir de l’univers de l’autre.

Et de deux, l’autre mauvaise nouvelle concerne ta marraine : elle n’est plus, comme tu l’aurais souhaité, au tout début de sa carrière… Elle est sortie de l’Ecole en 1984. La promo prometteuse des Amathieu, Fleutot, Julien Laferrière, Palcy, entre autres. Pour en revenir à sa carrière, elle l’a commencé auprès d’André Téchiné, puis avec François Ozon, Valeria Bruni-Tedeschi et bien d’autres encore. Le dernier film qu’elle a photographié et qui est encore sur les écrans est My Little Princess d’Eva Ionesco. Je t’ai promis une bonne nouvelle !
C’est Jeanne Lapoirie.


Sophie Patalano
Ta passion pour le cinéma ne semble avoir d’égal que ton enthousiasme pour en parler au travers d’exemples d’opérateurs, cinéastes, films, expositions, concerts, bandes dessinées, livres, articles – et j’arrête là ton inventaire à la Prévert – auxquels tu fais allusion dans les quelques lignes que tu nous a fait parvenir. Tu souhaites un parrain ou une marraine qui soit passé par l’assistanat avant d’être devenu directeur de la photographie. Je connais très peu d’exemples de gens qui n’aient pas suivi ce chemin-là.

Ta marraine est sortie de l’Ecole en 1998. J’ai eu la chance de faire sa connaissance à cette époque-là car j’intervenais sur les films de promo. Après avoir fait les images de nombreux courts métrages, elle commence une collaboration avec Maïwenn pour enchaîner avec d’autres réalisatrices telles Valérie Donzelli, Sophie Letourneur ou Alix Delaporte, sans compter Sébastien Lifshitz. En ville, de Valérie Mréjen et Bertrand Schefer, est le dernier film sorti en salles qu’elle a photographié. Il me semble qu’elle saura apprécier à leur juste valeur ta « sincérité », ta « fraîcheur » et ta « reconnaissance ».
Tu l’as déjà croisée à Cannes, c’est Claire Mathon.


Jonathan Ricquebourg
Ce qui est appréciable, avec toi, c’est que l’on a pas eu trop de mal à cerner ta personnalité. Tu aimes te lever tôt et en profiter pour flâner ; les lumières blafardes, celles du matin autant que la pénombre ; le café noir et Noir désir ; Le Voyage au bout de la nuit et voyager hors des sentiers battus et touristiques. Enfin Brecht !, pas mal d’ingrédients qui concourent à affûter le regard nécessaire à tout opérateur – et tout réalisateur, – qui se respectent.

Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1972. Il croise les chemins de réalisateurs tels Dominique Farrugia, Laurent Benegui, Guillaume Nicloux, Gérard Jugnot ou Josiane Balasko. Le dernier film sorti en salles qu’il a photographié est Beur sur la ville de Djamel Bensalah. Il a mis au point avec Laurent Robert, son chef électricien, un système d’éclairage à base de LEDs, le T-Mix, qu’ils ont présenté au Micro Salon en 2011.
Jonathan, je te présente Pascal Gennesseaux.


Julien Soudet
Bien que pour ta part tu ne te sois pas spécialement étendu sur tes centres d’intérêt et ta personnalité, on a pu tout de même lire entre les lignes que ton cœur battait et balançait entre la mise en scène et la lumière. Que le documentaire lui aussi " mis en scène " t’intéressait et qu’à ta sortie de l’Ecole, tu projetais d’en réaliser un.

Ton parrain est sorti de l’Ecole en 1997. Parmi les parrains et marraines, c’est l’exception de la règle, ce soir, car il était en section Son. Mais le cinéma, encore une fois, a pris le dessus. Il est réalisateur et producteur de documentaires et de films institutionnels. Il y a dans son équipe quelques anciens de l’Ecole. Il est enthousiaste à l’idée d’accompagner un étudiant.
C’est Guillaume Juherian.